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Lac d'Annecy

Lac d'Annecy

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Lac d'Annecy

 

Le lac d'Annecy, appelé « lac de Duin » durant la période médiévale4, et plus récemment parfois aussi surnommé « lac bleu », est un lac de France situé dans les Alpes, en Haute-Savoie. Par sa superficie, il est le deuxième lac d'origine glaciaire de France après celui du Bourget, exception faite de la partie française du lac Léman.

Le lac s’est formé il y a environ 18 000 ans au moment de la fonte des grands glaciers alpins. Il est alimenté par sept ruisseaux et torrents, nés dans les montagnes environnantes : l'Ire, l'Eau morte, le Laudon, la Bornette, le Biolon et par une puissante source sous-lacustre, le Boubioz, qui jaillit à 82 mètres de profondeur.

Il est encadré à l’est par le massif des Bornes (la Tournette - 2 351 mètres, les Dents de Lanfon, le mont Veyrier et le mont Baron) et à l’ouest par le massif des Bauges (le Semnoz et le Roc des Bœufs), au nord par les agglomérations d’Annecy et au sud par la vallée vers Faverges qui prolonge le Bout-du-Lac.

Le lac a une périphérie praticable à pieds ou à vélo sur quarante kilomètres environ.

Le lac déverse son trop-plein d’eau dans le Thiou qui alimente le Fier à 1 500 mètres au nord-ouest d’Annecy, qui se jette lui-même dans le Rhône. C’est un lieu touristique très attractif, connu pour ses nombreuses activités nautiques, le parapente, et ses qualités environnementales permettant l'observation d'une nature préservée.

Le lac d'Annecy appartient au domaine public de l’État et la seule île qu'il comprend, l'île des Cygnes, est artificielle et se trouve en face d'Annecy.

Géographie

Localisation

Le lac d'Annecy se trouve dans les Alpes françaises, dans le département de la Haute-Savoie, entre les massifs des Bauges au sud-ouest et celui des Bornes au nord-est. L'agglomération d'Annecy qui lui a donné son nom se situe à son extrémité nord.

 

Villes et villages autour du lac

  • La rive Nord est appelée l'Agglomération Annécienne : communes d'Annecy et d'Annecy-le-Vieux ;

  • La rive Est est appelée « Rive du Soleil » : communes de Veyrier-du-Lac, Menthon-Saint-Bernard et Talloires ;

  • La rive Ouest est appelée « Rive Gauche » : communes de Sévrier, Saint-Jorioz et Duingt ;

  • La rive Sud est appelée le « Bout du Lac » : communes de Doussard et Lathuile.

Relief

  • Longueur dans l'axe médian: 14,6 kilomètres.

  • Largeur : de 800 mètres entre Duingt et le Roc de Chère à 3 350 mètres entre Veyrier et Sévrier.

  • Périmètre : 38 kilomètres.

  • Altitude du plan d'eau: 446,80 m en moyenne au Bout-du-Lac et 446,40 mètres en moyenne à Annecy (pente 0,0027 %).

Hydrologie

  • Volume : 1 234 millions de mètres cubes

  • Profondeur moyenne : 41,5 mètres.

  • Profondeur maximale :

    • 80,6 m à la Puya, dans le Nord-Ouest du lac, où existe un entonnoir en forme d’ellipse sur des fonds de 20-25 m, c’est la source sous-lacustre du Boubioz,

    • 64,7 m dans le grand lac (bassin Nord),

    • 55,2 m dans le petit lac (bassin Sud).

  • Temps de renouvellement : 4 années

  • Température moyenne de l’eau : 6 °C en janvier et 22 °C en juillet.

  • Alimentation : 7 ruisseaux et torrents principaux et la source du Boubioz.

  • Épanchement dans le Thiou : 260 millions de mètres cubes en année normale; 8 m³/s d’eau en période normale, mais 4 m³/s en étiage et 40 m³/s en crue.

  • Évaporation : 15 millions de mètres cubes en année normale.

  • Captage d'eau brute : 10 millions de mètres cubes sont annuellement captés via les stations de la Tour et de la Puya.

  • Baisse du niveau : une sécheresse particulièrement longue a été la cause de plusieurs baisses du niveau du lac au cours de certaines années : en 1817 (chaleur soutenue sans pluie du 12 juin au 22 septembre), 1906, 1947 et 2003, (le niveau du lac baisse de 35 cm par rapport au niveau d’un été normal).

Environnement

Le lac d'Annecy est réputé pour sa propreté, il est considéré comme le lac urbanisé (avec un bassin versant habité) le plus pur d'Europe et peut-être du Monde. L'eau du lac est considérée comme potable sans traitement. L'eau du robinet distribuée à Annecy provient ainsi directement du lac. Le taux de nitrates est inférieur à 1 milligramme par litre, soit bien inférieur au taux autorisé des eaux de source en bouteille (5 mg/l), et le taux des pesticides est également bien inférieur aux 0,1 µg/l maximum autorisés pour des eaux de source en bouteille.

Cette pureté de l'eau est le fruit de plus de cinquante ans d'investissements pour détourner les eaux usées du bassin versant: des collecteurs situés sous les routes autour du lac récupèrent les eaux usées de toutes les communes, villages du bord du lac et hameaux du bassin versant, pour les envoyer et les traiter dans une station d'épuration située dans la banlieue d'Annecy, donc en aval du lac. Il n'en a pas toujours été ainsi, auparavant les eaux usées se déversaient directement dans le lac sans épuration. Dans les années 50 le lac était menacé d'eutrophisation et par des envahissements périodiques d'algues. Ces problèmes ont aujourd'hui complètement disparus. La transparence de l'eau est passé de 3 mètres en 1957 à 14 mètres en 2007.

Paradoxalement aujourd'hui, c'est la pureté très poussive de l'eau, corrélée à sa pauvreté en éléments nutritifs (nitrates, phosphates) pour les végétaux et le phytoplancton, qui pourrait poser de nouveaux problèmes écologiques ou du moins parfois perçus comme tels. La chute de la productivité du zooplancton a fait baisser la quantité de poissons dans le lac. Si les espèces de poissons exigeantes en terme de qualité de l'eau, notamment les salmonidés comme l'omble chevalier, ont pu repeupler le lac dès le début des mesures de protection de l'eau, ces poissons sont aujourd'hui moins nombreux et plus petits du fait de la quantité toujours plus faible de nourriture disponible. La grande transparence de l'eau fait aussi pénétrer plus profondément les rayons du soleil dans l'eau, ce qui, par un phénomène complexe, diminue l'oxygène dissout dans le lac, et pourrait encore appauvrir sa faune. Faute des phoshates dont ils ont besoin, les roselières et les herbiers de plantes aquatiques ont vu leurs surfaces se réduire fortement. Les canards et les cygnes ont désormais plus de mal à trouver leur nourriture et leurs effectifs ont donc diminué. Cependant cette situation est considérée comme naturelle et normale pour un lac péri-alpin oligotrophe et non pollué par l'homme, et donc non problématique en soi, c'est un milieu et un équilibre écologique très différent de celui des lacs mésotrophes ou eutrophes de plaine. Le lac d'Annecy n'est alimenté que par des petits torrents de montagne et des sources souterraines, qui apportent très peu de sédiments et d'éléments nutritifs. La biomasse globale y est donc naturellement assez faible. Ces conditions favorisent des espèces adaptées, qui se font rares ailleurs de nos jours à cause de la pollution trophique généralisée.

Désormais l'objectif du syndicat mixte est d'étudier comment traiter les HAP (hydrocarbure aromatique polycyclique) provenant des eaux de ruissellement des chaussées, non captées par des bouches d'égouts, contenant des résidus huiles en cas de pluies. Les autres objectifs sont l'amélioration de la gestion des eaux pluviales, la restauration des roselières, la motorisation électrique des bateaux circulant sur le lac et le développement du mouillage écologique.

Les sédiments du lac n'échappent pas à la problématique des PCB (polychlorobiphényles), mais le taux de PCB y est cependant faible comparé au lac du Bourget voisin (2 ng.cm-2.an-1 pour le lac d'Annecy, 5 pour le lac Léman et 250 pour le lac du Bourget). Étant donné qu'aucune source de pollution locale aux PCB n'a été identifiée dans le bassin versant du lac, l’existence de ce faible taux de PCB dans le lac serait essentiellement due à des retombés atmosphériques, par l'eau de pluie, notamment par l'eau issue de l'évaporation du lac du Bourget qui est la principale source de diffusion des PCB dans la région, ce qui permet de mettre en évidence un phénomène de diffusion atmosphérique des PCB dans le passé, par « effet de halo », jusqu'à 40 km en périphérie du lac du Bourget.

SILA

Les compétences du SILA (Syndicat mixte du lac d’Annecy) sont la collecte et le traitement des eaux usées et le traitement des déchets ménagers. Il s’occupe en plus des aménagements liés au lac, notamment la piste cyclable le long du lac, qui est sur la partie ouest : dans Annecy et de Sévrier à Faverges, qui était autrefois la plateforme d'une voie ferrée unique Annecy/Albertville. La piste va maintenant jusqu'à Marlens. Une ancienne maison de garde-barrière existe toujours à l'intersection de la route menant à Doussard RD 181/RN 508.

Le SILA organise depuis 2006, chaque 3e dimanche d'octobre, le « Lac en partage » en collaboration avec la Compagnie des bateaux du lac d'Annecy.

Faune

 

On trouve : bruant des roseaux, cygne (il y a même eu, en 2002 et 2003, un rarissime couple de cygne noir vers la réserve naturelle du Bout-du-Lac), cormoran, fauvettes (rousserolle turdoïde, verderolle et effarvatte), foulque macroule, goéland, grèbe huppé, héron, mouette rieuse et râle d'eau. Plus rares, goéland cendré, gros-bec casse-noyaux, martin-pêcheur. Depuis 2009, on peut également remarquer un couple de canards blancs sur le Thiou: plus trapus que les colverts, il semblerait qu'il s'agisse de blancs de l'Allier adaptés à l'état sauvage. Ceux-ci compensent l'absence de canards de Barbarie qui avaient pu être aperçus les années précédentes.

Il existe plusieurs espèces de canards. Les plus nombreux sont les canards colvert, mais on trouve aussi, eider à duvet, fuligule milouin, fuligule morillon, harle bièvre, macreuse brune. Plus rares, canard chipeau, garrot à œil d'or, harelde boréale (les hivers très froids), nette rousse.

Parmi les espèces migratrices et autres qu'on trouve autour du lac on peut citer : alouette des champs, coucou, fauvette à tête noire, guêpier d'Europe, hirondelle, martinet alpin, martinet noir, pigeon ramier, rougequeue noir et tarier pâtre.

Depuis 1999, la population d'oiseaux est en décroissance rapide. Selon la Ligue pour la protection des oiseaux et la fédération des chasseurs, le nombre d'oiseaux, des espèces sur lesquelles porte l'étude, aurait diminué de 45 % sur la période 1999-2005.

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

3 139

3 603

2 394

2 587

1 918

1 511

1 689

1 326

  • Ce recensement est fait dans le cadre du programme européen Wetlands international. Comptage exhaustif effectué chaque année en janvier depuis la berge sur les mêmes points d'observations.

Les espèces les plus en déclin sont le canard colvert (-76 %), le harle bièvre (-65 %), le fuligule morillon (-62 %) et le cygne tuberculé (-56 %).

Plusieurs facteurs semblent être la cause de cette baisse de population, alors que dans le reste de la France ou même dans la région, le nombre d'oiseaux tend plutôt à augmenter.

  • La lutte contre la puce du canard ou dermatite cercarienne — voir § Puce du canard — a eu pour conséquence d'abattre des milliers de canards colvert tous les hivers depuis 2002. Les nombreux tirs auraient eu pour conséquence de déstabiliser les oiseaux et de les pousser à se disperser et à migrer sur d'autres plans d'eau plus tranquilles.

  • Les cygnes sont en décroissance mais ne sont pas menacés (60 en 1995, 70 en 1999, 17 en janvier 2006 et 30 en décembre 2011). Selon la rumeur, ils seraient capturés pour être mangés et leurs œufs disparaitraient des nids. Mais leur faible population serait plutôt due à la diminution des roselières, et surtout à la pureté de l'eau du lac, qui défavorise la croissance des plantes dont le cygne se nourrit. Le cygne prospère habituellement mieux sur les eaux plus eutrophes (et même polluées), beaucoup plus riches en végétaux aquatiques dont il doit consommer de grandes quantités. Les efforts pour préserver la pureté de l'eau du lac ont des effets bénéfiques pour de nombreuses espèces mais défavorisent en revanche le cygne et les autres anatidés herbivores, qui doivent alors vivre en partie de la végétation broutée sur la terre ferme et de la nourriture que leur procure les riverains et les touristes.

Poissons

On trouve :

  • ablettes,

  • blennies fluviatiles,

  • brèmes communes et brèmes bordelières,

  • brochets (Esox Lucius, un brochet de 113 cm a été pris en novembre 2005 à Veyrier-du-Lac),

  • carpes (une carpe de 10 kg et d’un mètre de long vient se nourrir dans les roselières de Saint-Jorioz),

  • chabots,

  • chevesnes,

  • corégones, (Coregonus lavaretus ou Féra du Léman ), en nette régression.

  • gardons (Rutilus rutilus),

  • goujons (Gobio gobio),

  • lottes de rivière (Lota lota),

  • ombles chevalier (Salvelinus alpinus),

  • perches (Perca fluviatilis, appelée localement perchat, perchot ou perchaude),

  • tanches (Tinca tinca),

  • truites fario (Salmo trutta fario) et truites de lac (Salmo trutta lacustris, une truite de 5,1 kg et de 82,5 cm a été prise vers la plage de Menthon-Saint-Bernard). Les truites se reproduisent dans les affluents du lac.

Cependant la très faible teneur en éléments nutritifs fait que la ressource piscicole, en bout de chaine alimentaire, est très bonne en qualité (forte représentation des salmonidés, considérées comme les espèces nobles des eaux douces en gastronomie) mais faible en quantité, puisqu'elle est estimée entre 90 et 100 tonnes de poisson pour tout le lac, ce qui permet une pêche annuelle maximale de 30 tonnes à répartir entre les 4 pêcheurs professionnels et les quelque 1 000 amateurs.

À la fin des années 1990, la découverte de silures dans le lac — aujourd'hui disparus — avait jeté l'émoi au sein de la communauté des pêcheurs.

Animaux

  • Les mammifères : musaraigne aquatique, musaraigne de Miller (rare), campagnol et surmulot (très nombreux), castor (dans la réserve naturelle du Bout-du-Lac, ils ont été réintroduits en 1973 en Haute-Savoie).

  • Les batraciens : grenouille rieuse, grenouille rousse, crapaud commun, salamandre commune.

  • Les reptiles : vipère aspic, couleuvre verte et jaune, couleuvre d'Esculape, couleuvre à collier (aquatique), couleuvre vipérine (aquatique), orvet.

  • Le zooplancton : les crustacés (copépodes (cyclops), cladocères (daphnies) et gammares), les vers (rotifères et annélidés), les cilliés (protozoaires).

  • Les bivalves : anodontes, moule zébrée venue de la mer caspienne, corbicula fluminea venu d'Asie et qui envahit le lac.

  • Les mollusques : limnées dont une des espèces est porteuse du cercaire, parasite à l'origine de la puce du canard.

  • Les cnidaires : hydres, plus rarement des méduses d'eau douce.

  • Les protozoaires : ophrydium versatile en association avec l'algue chlorelle.

  • Les vers : tubifex que l'on trouve en bas de certains tombants,

  • des sangsues ! (piscicola sp que l'on voit souvent sur les brochets, et des glossiphonies (autre sangsue).

  • Les bryozoaires : christatella mucido (Cristatella mucedo).

  • Les crustacés : écrevisses américaines et écrevisses californiennes, espèces exogènes mais très appréciées dans les restaurants ; argulus, petit crustacé parasite muni de pièces buccales acérées pour s'accrocher aux poissons comme le brochet.

Flore

Les réserves naturelles (cf ci-dessous) accueillent une grande variété d’espèces, au Bout-du-Lac, on a dénombré 476 espèces végétales dont 17 orchidées, au Roc de Chère, c’est 508 espèces végétales dont 28 orchidées.

  • De 0 à 1,50 m de profondeur, on trouve les plantes émergentes, les racines ou rhizomes sont dans la vase mais les appareils reproducteurs sont aériens, telles : iris des marais, laîche, massette, roseau, scirpe.

  • De 0,30 à 3,50 m de profondeur, on trouve les plantes à feuilles flottantes. Les racines sont dans la vase, la partie « aérienne » reste au ras de l’eau, telles : nymphéa blanc, nénuphar jaune, renouée aquatique (rare).

  • De 1 à 6 m, on trouve les plantes immergées. Parfois on peut voir leurs fleurs en surface, telles :

    • groupe des characées : élodée, fontinelle, myriophylle en épis, petite naïade, pesse d'eau, potamot (7 espèces), renoncule divariquée.

    • groupe des plantes flottantes : utriculaire négligée.

  • le phytoplancton :

    • Les algues brunes (qu’on trouve le plus), diatomées pennales synedra ulna, cymbella, pinnularia veridis, cyclotelles, coloniales (fragilaria, asterionella, tabellaria) ), chrysophycées

    • Les algues vertes : chlorophycées (spirogira, scenedesmus).

    • Les péridiens.

Roselières

En 1928, année de l’étude de Marc Le Roux sur la faune et la flore du lac, les roselières s’étendaient sur 180 ha (1,8 km2). En 1976, elles n’étaient plus que sur 16 ha (0,16 km2) et cela s’est encore un peu amenuisé à notre époque même si des mesures ont été prises comme la création de la réserve naturelle du Bout-du-Lac, les restrictions de navigation, la plantation de pieux, etc.

La principale roselière est celle du Bout-du-Lac, il y ensuite celles de Saint-Jorioz et d’Annecy-le-Vieux au petit port.

La roselière est un élément important de la vie du lac, c’est en effet une zone d’eau peu profonde où l’eau se réchauffe très vite et où la vie permet de prospérer. D’abord les plantes aquatiques qui vont permettre aux animaux de se nourrir, mais également de se cacher et se reproduire.

Elle joue un rôle dans la propreté du lac, à la façon d’une station d’épuration : elle filtre les matières et permet leur décantation. De plus, les plantes comme les roseaux assimilaient autrefois dans leurs tissus les excédants nutritifs polluants du lac comme le phosphore, le nitrate, mais également le cyanure ou des hydrocarbures, mais le lac étant devenu oligotrophe (le contraire de l'eutrophisation, du fait de la grande propreté de l'eau), la roselière ne peut plus prospérer comme avant et se rétracte.

Réserves naturelles

La réserve naturelle du Bout-du-Lac est située à l’extrême sud du lac. Mesurant 84 ha de superficie, elle est protégée depuis 1974. Deux rivières (l’Ire et l’Eau Morte) y coulent, et son territoire est couvert de forêts et de roseaux sauvages. C’est un marais qui autrefois absorbait les variations de niveau du lac.

Un sentier en bois permet de cheminer au cœur même du marais, entre les roseaux, pendant une demi-heure de marche, jusqu’à la Tour de Beauvivier, vestige d’une maison forte du Moyen Âge.

Les foulques, les grèbes huppés, les canards colvert, les lézards et 3 familles de castors ont fait du marais leur habitat. De nombreux oiseaux aquatiques viennent y hiverner et se reproduire. On peut y admirer le colchique, le houblon, le sceau de Salomon et des orchidées. Plus dur sera d’observer la rare gentiane pneumonanthe.

Réserve naturelle du Roc de Chère

Le Roc de Chère est un site écologique majeur, une petite avancée rocheuse au bord du lac sur la rive Est, situé sur le territoire de la commune de Talloires. C’est un espace protégé, depuis 1977 d’une superficie de 69 ha (0,69 km2).

Il est situé entre les villages de Talloires et de Menthon-Saint-Bernard, juste à la limite du Grand et du Petit Lac et permet de découvrir de superbes panoramas tout au long des sentiers de randonnées le parcourant. Il plonge dans le lac d'Annecy par d'impressionnantes falaises de 50 à 70 m de hauteur. On peut y voir aussi des lapiaz, qui sont des roches calcaires érodées par l'eau, et que l'on retrouve souvent dans les massifs préalpins.

Jadis exploité par les moines de l'abbaye de Talloires, il est aujourd'hui colonisé en majorité par la chênaie sessiliflores et les charmes ; la rhodoraie s'y épanouit. Une réserve naturelle y été créée en 1978 pour protéger l'exceptionnelle richesse du site. 35 % de sa superficie appartient aujourd'hui (en 2004) au Conservatoire du littoral et des rivages lacustres. Sur ses pentes Nord s'étend un golf.

Grâce à l'alternance de sols calcaires et de sols siliceux (grès), et à la présence de microclimats différents d'un vallon à l'autre, plus de 560 espèces de fleurs et de plantes y poussent. Parmi elles, on dénombre :

  • des plantes reliques de l'époque glaciaire (lichens, Carex limosa, etc.) ;

  • des plantes typiques de l'étage subalpin (Rhododendron ferrugineux, lycopode sélagine, etc.) ;

  • et des plantes appartenant à la flore subméditerranéenne (capillaire, érable de Montpellier, garance, etc.).

Le glacier y a laissé une tourbière où l'on peut trouver des rossolis, une laîche des tourbières (Carex sp.) et la cordulie arctique, une libellule. Dans un canyon dissimulé sous la forêt, on trouve des plantes qui poussent habituellement à 2 000 m (rhododendron ferrugineux, lycopode sélagine). En revanche, côté lac, sur les falaises dans un milieu chaud et sec se sont acclimatées et développées des espèces méridionales (comme l'érable de Montpellier, etc.).

Une abondante faune s'est aussi appropriée les lieux et y trouve refuge. Parmi les oiseaux on y trouve l'hirondelle de rochers et le faucon pèlerin qui nichent dans les falaises, mais aussi le milan noir et des goélands leucophées.

Problèmes environnementaux

Puce du canard

Apparue en 1994, la « puce de canard »11 qui est en fait une cercaire, une larve microscopique, qui pénètre dans la peau de l’homme et provoque une infection cutanée, « la dermatite du baigneur » a connu son paroxysme en 2002.

Le cycle parasitaire commence par des escargots aquatiques (limnées) infectés par les excréments d’oiseaux, la larve s’échappe de son hôte pour les oiseaux, surtout des canards, le ver femelle pond des œufs qui sont évacués avec les selles de l’oiseau et le cycle recommence. Chez l’homme, hôte accidentel, la larve meurt rapidement mais provoque une démangeaison et des éruptions cutanées qui disparaissent au bout de 1 à 2 semaines.

L’homme est le vrai responsable du problème, car en donnant du pain aux canards, il favorise leur surpopulation et l’abandon de leur migration, d’autant plus que la chasse est interdite sur le lac d’Annecy.

Des canards gourmands trop nourris de pain, ont une ration excessive de gluten, ce qui entraîne pour ces oiseaux des troubles digestifs et beaucoup trop de rejet d’excréments.

À l’automne 2002, lors de la première campagne, à peu près 450 canards ont dû être abattus, dont plus de 90 % étaient infectés, d'autres ont été abattus en 2003 et en 2004.

Désoxygénation des eaux profondes

En 2011 Thierry Billet, adjoint à l'environnement, déclare :

« La transparence du lac est telle qu'on arrive à voir à 10 mètres de profondeur. Paradoxalement, les rayons du soleil, qui pénètrent mieux dans l'eau, ont un impact négatif sur l'écosystème »

En effet, la température de surface qui ne descend pas suffisamment bas en hiver, entraînerait un mauvais brassage des eaux et à terme une carence en oxygène des eaux profondes. En conséquence la faune profonde, dont l'omble chevalier ou le Corégone blanc (féra), serait en régression depuis la fin des années 1990.

Loi Littoral

 

L'avenir du lac est menacé par l'abrogation partielle de la loi littoral autour des lacs de montagne de plus de 1 000 hectares votée en seconde lecture à l'assemblée en 2005 (seuls quelques députés étaient présents) et contre laquelle se mobilisent les habitants et l'ex maire d'Annecy Bernard Bosson qui refuse le bétonnage programmé de la région.

Histoire

Préhistoire

Le lac est apparu il y a environ trente mille ans vers la fin de la 4e période glaciaire, dite glaciation de Würm, pendant longtemps le niveau du lac était plus bas de 5 à 7 mètres. Une sorte de trottoir, surnommé « la baleine », fait le tour du lac sauf sous le roc de Chère qui plonge directement à 40 mètres sous le niveau de l'eau.

Le lac d'Annecy possède plusieurs exemples de cités lacustres, villages préhistoriques du Néolithique et de l'âge du bronze final, implantés tout autour du lac (à Annecy-le-Vieux, Annecy, Sevrier, Saint-Jorioz, Talloires, etc.). Parmi les sites, les plus importants :

  • celui au large du Pâquier (Annecy), regroupant plusieurs dizaines de pilotis sur une superficie d'environ 1 200 m2 ;

  • celui près de l'île aux Cygnes (Annecy), au large du Pâquier, à environ 200 mètres du rivage, regroupe plusieurs dizaines de pilotis dispersés à faible profondeur (1,80 mètre) sur environ 1 200 m2 ;

  • celui près du Petit-Port au large d'Albigny (Annecy-le-Vieux), regroupe une série de pieux entre 1,8 et 2,8 mètres de profondeur sur environ 2 000 m2 (site protégé au titre des Monuments historiques ;

  • celui au large de Saint-Jorioz, regroupe 760 pilotis sur 1 200 m2 ;

  • celui à 800 m du « Crêt de Châtillon » (Sevrier), regroupe des pieux et un four de potier y a été découvert ;

  • celui du secteur des Mongets (Sevrier), à 180 m du débouché du ruisseau de la Planche, regroupe des 673 pilotis sur environ 600 m2 ;

  • celui au large de Duingt (le Roselet).

Le 27 juin 2011, le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco a classé les sites palafittiques préhistoriques autour des lacs des Alpes datant de 5 000 à 500 av. J.-C. Le dossier était porté par les six pays alpins (Suisse, France, Allemagne, Slovénie, Italie et Autriche. Le lac d'Annecy était concerné par ce classement et trois de ses sites ont été retenus (les marais de Saint-Jorioz, le Crêt de Châtillon et le secteur des Mongets.

Le niveau du lac était plus bas à l'époque et les pilotis que l'on a retrouvés, notamment non loin de l'île aux Cygnes, étaient des pieux enfoncés dans le sol servant d'armature verticale aux cabanes. Cette hypothèse a été confirmée par une datation très précise à 3 783 av. J.-C. attestant d'une occupation des marais de Saint-Jorioz avec un niveau inférieur de trois mètres et par la découverte à Sevrier d'un four de potier désormais exposé au Musée-Château d'Annecy. Ces 5 sites majeurs, il en existe d'autres, font partie du projet défendu par la Suisse, d'obtenir le classement de quelque mille sites palafittiques recensés autour des Alpes et répartis sur 6 pays (Allemagne, Autriche, France, Italie, Slovénie et Suisse).

Ces vestiges montrent que des populations occupaient déjà le bord du lac depuis le début du néolithique. Une salle entière du Musée-Château d'Annecy est consacrée. à ces populations. Dès -5 600 des chasseurs-cueilleurs sont présents, puis entre -4300 et -900 av. J.-C., ils ont été rejoints par des cultivateurs, des pêcheurs, des artisans bronziers et des potiers. En -1800 (âge du bronze), le lac a encore un niveau inférieur de 2,50 m à celui d'aujourd'hui; c'est l'époque où commence une occupation intensive de ses berges. En -1200, à la suite d'une longue période de sécheresse, le niveau du lac est inférieur de 4 mètres à celui actuel, ce qui fait apparaître l'île de Chatillon (170 m de long sur 70 m de large, aujourd'hui sous l'eau. Les pêcheurs qui l'occupaient nous ont laissé une pirogue taillée dans un tronc de chêne datant de -900 av. J.-C. Cinquante ans plus tard en -850, c'est le début de l'âge du fer, une période où le climat devient plus froid et plus humide partout en Europe et lors de laquelle les villages lacustres sont abandonnés. Le niveau du lac d'Annecy se retrouve à un mètre au-dessus du niveau actuel, il s'étend alors sur une grande partie de la plaine des fins jusqu'aux premiers coteaux.

Époques allobroge puis romaine

Les tribus gauloises Allobroges occupèrent très tôt les préalpes des pays de Savoie, les rives du lac d'Annecy et les terres environnantes, certainement dès le début du IVe siècle av. J.-C. et peut-être même avant. Après leur victoire, les Romains s’installent à partir de la fin du Ier s. av. J-C sur la rive nord du lac d’Annecy, dans la plaine des Fins, et fondent le Vicus de Boutae ou Bautas (la « cité des bœufs », future Annecy).

du XVIe au XIXe siècle

Lors de l'hiver 1573, alors que le lac est entièrement gelé, un riverain mesure entre le hameau de l'Étraz et le rive d'en face une largeur de 2 431 aunes.

En 1640, les eaux envahissent les bords immédiats du lac et les capucins organisent une procession pour implorer la clémence divine.

En 1655, la ville est envahie par les eaux qui submergent le puits Saint-Jean.

Lors du printemps 1711, petite époque glaciaire, le niveau du lac monte de 3,10 mètres au-dessus du niveau actuel, causant des inondations catastrophiques et d'énormes dégâts. Une partie des remparts s'effondre : « le lac a tellement enflé qu'il inonda les plaines voisines ».

En 1780, Horace Bénédict de Saussure est mandaté pour mesurer la profondeur du lac. Il effectue 47 sondages et trouve 180 pieds au Boubio soit 62 mètres.

En 1840 :

  • Les inondations sont très importantes et la ville n'est accessible que par bateau.

  • Début de l'activité du Chérubin (puissance 10 cv, 100 passagers), bateau acheté d'occasion à Lyon après une longue carrière sur le Rhône. Vieux bateau-vapeur en bois, il navigua de juillet 1840 à août 1844, pour un service de voyages. Il remorquait des barques à voile, embarquait une centaine de passagers et enfumait les rivages.

En 1843, après une importante réparation le Chérubin rebaptisé Le Dauphin reprend du service.

En septembre 1844, le Dauphin, qui n'avait pas de quille et une coque pourrie, finit par craquer sous le poids des ans.

En 1860 :

  • Un article de la Revue savoisienne estime la profondeur moyenne à 40 mètres, et le volume d'eau contenu dans le lac à 1 120 millions de m³. Il est alors estimé qu'il pourrait être entièrement comblé dans cent mille ans.

  • En septembre, le lac reçoit la visite de Napoléon III et le couple impérial est charmé par sa beauté.

En juin 1861, début de l'activité du bateau à vapeur Couronne de Savoie, (32 m × 3,90 m, 30 tonnes, 24 cv, 400 passagers), offert à la ville d'Annecy par Napoléon III. Sa propriété et sa gestion étant municipales. A cette occasion, sept débarcadères sont construits au frais de l'État par les Ponts et Chaussées pour l'accueillir dignement, à Veyrier, Menthon, Talloires, Doussard, Duingt, Saint-Jorioz et Sevrier. À Annecy, le chenal du petit port est ouvert.

En 1862, les travaux commandés par Sadi Carnot permettent de rehausser le niveau du lac d'un mètre (côte 446,90 m).

En novembre 1863, le préfet publie le premier règlement de police, codifiant la navigation des bateaux de croisières et de transport de marchandises sur le lac.

En 1864, une révision du règlement de police est publiée.

Au printemps 1873, la Compagnie de navigation du lac d'Annecy est fondée par une poignée d'entrepreneurs locaux.

En mai 1874, début de l'activité du bateau à hélices à coque en fer L'Allobroge (26 m × 4 m, 15 tonnes, 24 cv, 150 passagers). Il livre une farouche concurrence au Couronne de Savoie: guerre des prix et des horaires de départs et même bagarres entre équipages.

Le 4 décembre 1876, l'altitude du lac est officiellement fixée à 447,07 mètres après une série de 252 observations dont la moyenne donnait 448,02 mètres.

Lors de l'hiver 1880, le lac connaît son avant-dernière glaciation importante.

En mai 1886, la Compagnie des bateaux à vapeur du lac d'Annecy est fondée avec un capital de 120 000 francs et remplace la CNLA dissoute. La nouvelle compagnie récupère l'Allobroge, rachète le Couronne de Savoie pour 65 000 francs.

En juillet 1887, début de l'activité du bateau à roues à aubes Le Mont-Blanc (40,2 m × 9,20 m, 32 tonnes, 120 cv, 350 passagers). En décembre, à cause du brouillard, il s'échoue sur un banc de sable près du port de Sevrier.

Lors de l'hiver 1891, le lac connaît sa dernière glaciation importante. Il est complètement gelé du 31 décembre au 13 mars.

En 1898 :

  • Une mesure de la surface trouve 2 800 hectares, alors qu'après la Première Guerre mondiale, une nouvelle mesure trouve 2 759 hectares pour la surface et 65 mètres pour la profondeur maximale.

du XXe au XXIe siècle

En juillet 1900, L'Allobroge fut coulé à quai par des gamins qui avaient ouvert un robinet de vidange. Il est renfloué après beaucoup d'efforts.

En 1902, dans le Dictionnaire géographique et administratif de la France, il est donné les chiffres suivants : altitude 446,52 mètres, surface 2 704 hectares, volume 1 123 5 millions de m3, profondeur maximale 64,70 mètres avec un abîme de 80,60 mètres au Boubioz, longueur 15 km, moindre largeur 800 m entre Duingt et Talloires, plus grande largeur 3 350 mètres au niveau de Sevrier, périple 36 km, épaisseur des boues du fond du lac 50 à 55 mètres.

En septembre 1906, la sécheresse fait reculer le lac de 150 m avenue d'Albigny.

En 1908 :

  • La commune de Doussard mène une bataille pour que son débarcadère porte le nom de « Bout du Lac » en remplacement de « Lathuile », estimé trop préjudiciable à l'image de la commune.

  • En décembre, l'eau de la source du Boubioz est en partie captée.

En mai 1909, début de l'activité du bateau à aubes France (47,23 m × 12 m, 40 tonnes, 350 cv, 700/800 passagers grâce à son triple pont, 23 km/h, coût 250 000 francs).

En 1918, les eaux submergent l'avenue d'Albigny.

En 1944, les eaux submergent l'avenue d'Albigny, il s'agit de la plus importante inondation depuis 200 ans : « La préfecture est transformée en île et la foire baigne dans l'eau ».

En septembre 1947, la sécheresse fait reculer le lac de plus de 150 m avenue d'Albigny. Cette année-là fut « une année de disette sans moissons ni vendanges ».

Lors de l'hiver 1962/1963, le canal de Vassé gèle ainsi que la baie de Talloires et la presqu'île de Duingt.

Un jour de l'hiver 1971, le vieux France coule mystérieusement. Son épave qui repose au fond du lac attire depuis des plongeurs passionnés.

En mai 1984, début de l'activité du Libellule, grand catamaran de croisières (60 m × 12 m, 2×210 cv, 595 passagers). Il s'agit du plus important bateau mis en service sur le lac d'Annecy. Il a été réalisé en près d'un an par des entreprises locales. L'inauguration eut lieu le 28 mai 1984 avec comme parrain l'acteur Jean-Claude Brialy et la comédienne Marie-José Nat. Le réalisateur Claude Chabrol était aussi présent.

En juillet 1996, un tremblement de terre agite la masse d'eau et en décembre de la même année, un glissement de terrain subaquatique se produit à la Puya.

En août 2003, un coup de vent provoque une tempête particulièrement forte, qui fait couler plusieurs embarcations.En mai 2010 est inauguré le « théâtre d'eau » de l'île aux Cygnes, une animation très appréciée par les touristes qui renoue avec l'animation dites des « fontaines lumineuses » qui avait fonctionné de 1860 à 1980. Cette scène est composée de deux pyramides flottantes d'où jaillissent des jets lumineux de dix mètres de haut.

Sauvegarde

Jadis, déversoir naturel de toutes les eaux usées des communes environnantes, menacé d’eutrophisation par les algues trop présentes, dès les années 1950, une vaste prise de conscience a permis la mise en œuvre de mesures qui l’ont sauvé. Certains, à l’époque, présentaient cette mort lente du lac comme une des conséquences irrémédiables du développement industriel et du progrès économique, chose qu’il fallait accepter.

Alertées par le docteur Paul Servettaz, huit communes décidèrent de s’engager en pionnières dans la sauvegarde de leur lac. Elles créèrent en 1957 le SILA (Syndicat intercommunal du lac d’Annecy), qui s’est transformé, le 1er janvier 2001, en Syndicat mixte du lac d’Annecy (toujours SILA) et réunit actuellement 10 groupements intercommunaux, représentant 113 communes, soit une population de 250 000 habitants.

En 1957, un premier réseau complet d’assainissement est construit avec un collecteur situé sous la route qui borde le lac. Les effluents récupérés des communes et villages transitent par des stations de pompage et de relevage et sont dirigés vers une station d’épuration. En 1994, une nouvelle usine de dépollution est construite. À ce jour, le lac reçoit uniquement les eaux de pluie de ruissellements et celles des sources et des ruisseaux qui l’alimente.

Les taux de nitrates et phosphates (qui indiquent le degré d'eutrophisation) ont continuellement diminués jusqu'à devenir quasiment insignifiants. Parmi les lacs dont le bassin versant est habité, le lac d'Annecy est désormais considéré comme le plus propre d'Europe sur cet aspect. Mais d'autres problèmes ont été révélés.

Ainsi le 2 avril 2008, les préfets de Savoie et de Haute-Savoie ont dû interdire la pêche (pour consommation et commercialisation) de l'omble chevalier (Salvelinus alpinus) dans le lac Léman, ainsi que dans le Lac du Bourget et dans le Lac d'Annecy, en raison de taux très élevés de polychlorobiphényles (PCB) et dioxines. Il a été montré que les taux étaient « supérieurs aux normes réglementaires » pour deux échantillons de ces poissons « les rendant impropres à la consommation humaine et animale », « jusqu’à ce qu’il soit établi par des analyses officielles que ces mesures ne s’avèrent pas utiles à la maîtrise du risque pour la santé publique » en attendant qu'une enquête de l’Agence française de sécurité sanitaire de aliments (Afssa) précise l'ampleur du problème (La pêche sans consommation du poisson reste autorisée, ainsi que la baignade et les sports nautiques, car les PCB sont très peu solubles dans l’eau). Les dernières analyses réalisées ont permis d'autoriser à nouveau, depuis le 23 juin 2008, la consommation d'ombles chevalier dans la mesure où sa taille est inférieure à 40 cm, car les taux de PCB restent inférieurs aux normes sanitaires en dessous de ces dimensions (les poissons plus petits et plus jeunes, moins haut dans la pyramide alimentaire, ont moins bio-accumulé les PCB).

Culture

Fête du lac

C’est un spectacle pyrotechnique, l'un des plus grands feux d'artifice d'Europe (il dure environ 1 h 30) rythmé par un thème musical, qui a lieu chaque année le premier samedi d'août (depuis 1978 ; auparavant il avait lieu le dimanche). Il est tiré depuis le lac, face au Pâquier à Annecy. Des tribunes payantes sont installées, mais il est visible des hauteurs et des villes environnantes. Plus de 40 000 billets d’entrée sont vendus (gradins et pelouses) et plus de 150 000 personnes assistent à l'événement depuis les rives du lac, les collines et montagnes environnantes ou les embarcations rassemblées derrière la zone de tir du feu d'artifice.

L'origine de cette fête remonte au rattachement à la France du duché de Savoie qui a donné naissance aux départements de la Savoie et de la Haute-Savoie. Du 29 au 31 août 1860, l'empereur Napoléon III et l'impératrice Eugénie sont les hôtes de la ville d'Annecy. Ils viennent assister aux festivités en l'honneur de ce rattachement. Une fête lacustre est organisée par la ville : c'est le début de la Fête du Lac. Au cours des années, cette fête prendra différents aspects pour devenir, à partir de 1950, un grand événement touristique comme celui que l'on connaît aujourd'hui.

Dans les années 1960, un hôtelier propriétaire de l'hôtel « Villa Mary », André Basset construisait chaque année une embarcation, il a marqué la fête du lac pendant une dizaine d'années pour devenir hors concours tant ces créations étaient superbes.

Thèmes : La Belle Époque (1968), La Révolution française (1989), Le cirque (1998), À la recherche de Poséidon (1999), Les nuits de la légende : la légende du temps (2000), Les nuits de la légende : les légendes du Brésil (2001), Le mystère des eaux de cristal (2002)14,15 Escales en Europe (2003), Musiques de films (2004), Les chansons d'amour (2005), Rythmes du monde, rythmes du feu (2006), 2007 tout feu, tout slam (2007), La ronde des feux (2008), Marco Polo (2009), La machine à remonter le temps (2010), La quintescence des éléments (2011), L'énergie d'une étoile (2012), Les feux de l'arc-en-ciel (2013), Les Toiles de Feux (2014).

Observatoire régional des lacs alpins

Il se trouve au Musée-Château d’Annecy dans la vieille ville. C’est une exposition permanente sur les lacs des Alpes françaises et notamment sur le lac d’Annecy. On y découvre les différents types de lac, leur peuplement, faune et flore. Sont également exposés des objets du passé, parfois lointain (préhistoire) découverts au bord du lac.

Peintres

Le lac d’Annecy, entouré de ses montagnes et de son environnement romantique et sauvage, a inspiré de nombreux peintres de sensibilités différentes, tous attirés par cette lumière particulière, changeante et se reflétant dans les eaux.

Lac d'Annecy
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